La chapelle

 

 

 

 

Les caves

 

 

 

 

 

 

 

 

Le pélerinage de Saint Arnoult

 

    

 

annie

 

 

 

 

L'Abbaye de SAINT-ARNOULT

(Membre de la Charte Européenne des sites cisterciens)

ET L'ASSOCIATION ADAMA

(Association des amis de Saint-Arnoult - Monastère des Arts)

VOUS SOUHAITENT LA BIENVENUE

PROGRAMME DES MANIFESTATIONS 2008

 

LES VENDREDIS DE SAINT ARNOULT: 25/07 - 29/08 - 26/09 - 24/10/2008  - 29 et 30 AOUT: 10ème ANNIVERSAIRE DU COLLOQUE CONSACRE A HELINAND DE FROIDMONT - 20 et 21 SEPTEMBRE: JOURNEES DU PATRIMOINE - FESTIVAL ART MUSIQUE ET TRADITION - 24 OCTOBRE 2008: PELERINAGE DE SAINT ARNOUT

"Les saisons de Saint-Arnoult"

"LA CHARTE DES ABBAYES ET SITES CISTERCIENS"

PLAN D'ACCES

 

CONTACTS:     TEL/FAX:03 44 89 24 95

                                        e-mail: apradignac@9online.fr

 

 

Au gré du temps, ce lieu sera connu sous différentes appellations, mais compte tenu de sa dénomination primitive et de sa vocation au temps des religieux, nous l'appelons "L'Abbaye de Saint-Arnoult", formule qui apparaît le mieux approprié à son passé.

On la trouve aujourd'hui enclose de ses murs parfois restaurés, et une vieille porterie en permet l'accès. La longueur approximative de la façade est de 55,50m et la largeur pratiquement constante de 8,25m, hormis deux débordements situés vers chacune des extrémités, l'un sur la façade, le second qui n'est autre que le sanctuaire de la chapelle.

 

Année 1960, la France prend conscience de la nécessité de préserver son patrimoine.

Pierre de LAGARDE, orchestre le mouvement avec ses "Chefs-d'oeuvre en péril".

Dans ARCHEOLOGIA d'Août 1968, il consacre deux pages à des monuments de l'Oise menacés.

"L'Abbaye de Warluis", en fait la ferme ruinée de Saint-Arnoult est du nombre.

L'appel est lu dans tout l'hexagone. Robert DEFRANCE, kinésithérapeute parisien, amoureux depuis toujours du moyen age et de son beauvaisis natal, vient sur place, le coup de foudre est immédiat.

En dépit de nombreuses embûches, il parvient à acquérir la propriété. L'énormité de la tâche va engloutir son temps et son argent durant plus de 35 années.

Au détour de la route de Merlemont, le caillouteux chemin du Vivier laisse découvrir la discrète abbaye de Saint-Arnoult. L'abbaye de pierres et de briques a bien failli disparaître à jamais.

Une tradition populaire a imposé le nom "Abbaye de Saint-Arnoult" ou "Abbaye de Warluis" mais l'appellation est usurpée. Il s'agit, en fait, d'une grange cistercienne liée à l'abbaye de Froidmont. Mais, petite particularité, elle est flanquée d'une chapelle romane du XIIème s, bien que la règle commune veuille que les granges ne cohabitent pas avec les lieux de culte.

Une dizaine de frères convers vivaient ici. Ces laïcs cisterciens travaillaient aux champs et déchargeaient les clercs des taches ouvrières. L'exploitation agricole de Parfondeval était entourée de pâturage. On y pratiquait l'élevage mais on cultivait aussi la vigne. Le raisin était emmagasiné dans les caves grâce à un déversoir creusé dans le mur extérieur. Les moines jouissaient même, à partir de 1201, d'un droit de pressoir à perpétuité.

A quelques mètres de là, sur un coteau, Robert DEFRANCE fait à nouveau, avec succès, pousser la vigne.

 

 

LE BATIMENT MEDIEVAL

 

Qui se souvient de la grange de Parfondeval dans les années 70 !!!!

Les documents témoignent de la situation d'abandon dans lequel se trouvait alors, ainsi que la vraisemblable ruine qui l'attendait sous peu.

On y aperçoit une charpente "apparemment" solide, la couverture éventrée et le lierre pénétrant de toutes parts.

Les aménagements internes sont ruinés et la réhabilitation d'un tel immeuble conduisait à faire des choix.

Ainsi, tel qu'il est présenté aujourd'hui, cet édifice jusqu' alors méconnu conserve ses grandes caractéristiques d'origine avec toutes les traces d'un savoir-faire médiéval parfaitement adapté aux particularités locales.

Celui-ci ne se retrouve guère que dans quelques églises voisines, ou peut-être dans quelques pans de murs, bien moins ouvragés, comme ceux de la grange de la ferme de la basse cour le l'abbaye de Froidmont.

Comment ne pas insister sur le fait que ce bâtiment médiéval, vestige d'une grange telle que la concevaient, en leur temps, les cisterciens, représente à ce titre un ultime témoignage architectural en notre possession.

 

 

PROFUNDA VALLIS

A partir du milieu du XIIè s, Profunda Vallis fut une grange de l'abbaye de Froidmont, fondée en 1134, 10 km plus à l'est. Dans son soucis d'une fidélité à Saint Benoît et d'une réhabilitation au travail manuel, l'ordre de Cîteaux se dota d'un système spécifique de mise en valeur  agricole. Par dons suscités; puis par achats réfléchis, chaque monastère masculin posséda rapidement une dizaine de domaines ou granges, exploités par des frères convers, paysans illettrés ayant choisi la vie religieuse sans pour autant être moines.

La grange de Parfondeval est mentionnée comme telle en 1164 par Alexandre III; il semble qu'elle soit devenue possession de l'abbaye vers 1155 à la suite d'une série de donations par les seigneurs de Merlemont et Bracheux.

Les besoins élémentaires de communautés à fort effectif, soucieuse au début de vivre en stricte autarcie, conduisirent à une certaine spécialisation des granges en fonction de leurs aptitudes naturelles.

D'une grande efficacité, le système devint bientôt une puissante machinerie à buts commerciaux.

 <  La façade principale du bâtiment médiéval dans son état actuelle <  Fenêtres d'origine du pignon nord dans son aspect intérieur

La grande

salle du bâtiment médiéval et sa gigantesque cheminée.

Elle est édifiée sur un plan rectangulaire de 18,85m sur 6,62m, atteint une hauteur de 6m sous corniche et culmine à 12m au niveau des pignons. Comme à l'origine, elle comprend deux niveaux.

Fenêtres géminées telles qu'elles apparaissent aujourd'hui à l'étage du bâtiment médiéval.

← La mezzanine à l'étage du bâtiment médiéval

(état actuel)

← Vue d'ensemble des trois baies principales à l'étage de la grande salle.

Un des modèles de fenêtres a un aspect décoratif. Il s'agit de baies geminées séparées par un solide meneau prismatique. Chacune est surmontée d'une arcature trilobée d'inspiration gothique. Un occulus couronne le dispositif dans l'axe du meneau.

← Une des fenêtres vue de l'extérieur.

Le Jardin Médiéval

 

ASPECT SYMBOLIQUE DU JARDIN DE SAINT-ARNOULT

 

"Le jardin de Saint-Arnoult a été un essai difficile mais parfaitement réussi, notamment sur le plan de la symbolique. Robert DEFRANCE nous a dit qu'il avait été marqué par les nombres 3 et 9. Vous pouvez remarquer qu'il y a 9 carrés disposés 3,3 et 3, formant un carré parfait; mais celui du centre n'est pas planté; il n'y en a que 8 qui le soient.

Le 9ème a la particularité d'avoir 3 marches et au-dessus une fontaine. C'est le rappel des 4 fleuves du Paradis terrestre. Le jardin médiéval est la représentation sur la Terre du paradis qui est ici très bien réalisé en fonction même de la symbolique des nombres. Nous sommes dans un monastère chrétien où la Trinité a une importance essentielle.

Dans l'échelle des nombres, on peut dire que les 3 premiers représentent les principes divins eux-mêmes. A partir du 4, donc du carré, nous arrivons dans la manifestation de la vie: c'est la matière, la matière vierge, la Terre-Mère. Le carré est donc important et chacune des 9 parcelles du jardin de Saint-Arnoult a une forme carrée.

C'est la Terre-Mère qui sera fécondée."

 

Jacques D'ARES - Historien des traditions.

"L'existence des jardins, oeuvres des hommes, pose bien des problèmes, qui ne relèvent pas seulement de la botanique et de l'esthétique, mais de la religion et de la métaphysique, puisque, dans son essence, le jardin met en questions les rapports de l'homme et de la Création. Oeuvre d'Art, en effet, le jardin utilise les matériaux que lui fournit la Nature. En cela, il ne diffère pas des autres arts, comme la musique ou la sculpture. Sa matière, qu'il élabore, sur laquelle il travaille, est constituée non seulement par le monde des végétaux, mais aussi le milieu où ils naissent et prospèrent: ici un sol meuble et riche, là des infractuosités d'un rocher, ailleurs une étendue de sable sec. Il y a aussi la présence nécessaire de l'eau, calme ou jaillissante, dormante ou coulant en ruisseau, et aussi tous les degrés de la lumière et de l'ombre. On y retrouve donc toute l'ampleur et la variété de ce que nous appelons la Nature, ce "donné" dont notre condition veut que nous nous accommodions pour vivre.

Si, donc, les hommes ont voulu depuis des temps immémoriaux, se donner des jardins, c'est que, dés l'origine, ils étaient enclin à ne pas accepter cette Nature qui leur était offerte ou imposée. Même lorsque l'art des jardins se réclame du "naturel", et refuse (en théorie) les "artifices" dans bien de ses aspects. Il faut s'y résigner, la création n'est pas spontanément "belle" (selon nos critères) ni totalement satisfaisante pour notre sensibilité."

Pierre GRIMAL

Professeur Emérite de la Sorbonne

Membre de l'Institut