Les caves

 

On ne peut quitter le bâtiment médiéval sans évoquer la présence des caves qu'il recouvre.

Elles sont le trésor caché et méconnu de Parfondeval.

Construites l'une à la suite de l'autre, elles appartiennent à deux époques bien disctinctes.

 

La plus ancienne (6,12 x 4,43) reste desservie par son escalier d'origine qui prenait naissance dans le rez-de-chaussée du bâtiment médiéval.

La voûte a été exécutée grâce à un petit moellonnage de calcaire coquillée.

De nombreux moellons portent toujours las marques des tacherons utiles à meilleurs assisages, et leur taille révèle l'emploi d'outils dentelés.

 

La seconde cave a été conçue comme un véritable cellier.

Elle comporte une allée centrale desservant des alvéoles réparties par moitié de chaque coté de celle-ci.

Pour accéder aux caves, il faut descendre un escalier qui aboutit au nord dans une première salle rectangulaire.

Le mur septentrional est percé par une curieuse ouverture faisant penser à un déchargeoir à vendanges.

L'hypothèse d'une cuverie en sous-sol est néanmoins peu plausible à cause d'une aération insuffisante et de l'obligation peu pratique de remonter les marcs au rez-de-chaussée. Il pourrait s'agir d'un local de stockage frais. D'après les traces relevées d'outils dentelés, cette salle ne pourrait pas être antérieure à la fin du XIIès.

A l'ouest de l'escalier, un couloir conduit dans une seconde salle, plus vaste.

Son aménagement est des plus originaux.

En axe, une large allée surbaissée est voûtée sur cinq croisée d'ogives et doubleaux qui jaillissent des murs séparant autant de logettes identiques, disposées de chaque coté, à la manière de stalle à animaux.

Leurs dimensions indiquent qu'elles servaient à ranger les tonneaux.

Nombreux sont des celliers médiévaux ainsi agencés; rares sont ceux aussi bien conservés.

 

 

 

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En pays picard, la vigne a aujourd'hui disparue, mais elle fut florissante au Moyen Age.

A seulement quelques kilomètres de Parfondeval, les sites favorables ne manquent pas.

Plusieurs études ont montré l'extension spectaculaire d'un vignoble cistercien spéculatif dans le dernier quart du XIIè, époque où l'ordre n'a pas encore perdu ses racines rurales.

Toutefois, les abbayes se dotent alors d'un tissu d'exemptions sur les produits transportés et installent des comptoirs urbains pour écouler leurs marchandises.

L'abbaye de Prafondeval obéit à ce canevas et fut transformée en cellier.

En 1201, le monastère se fait donner par Pierre de Bracheux, seigneur banal, le droit de pressoir à perpétuité.

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